
Épopée
La Carte Astrale
Suivez le voyage du Capitaine Eudes vers Clayr, le portail des astres.

Épopée
Suivez le voyage du Capitaine Eudes vers Clayr, le portail des astres.

« Je suis le Capitaine Eudes. Depuis que j'ai quitte mes terres, je navigue seul vers Clayr, le portail des astres. Chaque nuit, les étoiles me murmurent des secrets, et je les consigne dans ce journal. Rejoins-moi, moussaillon. »
36
Chapitres
46
Jours en mer
mercredi 8 avril 2026
27°N 53°W — Au large du Dédale des Îlots

Mille sabords ! Le soleil s'était levé sur L'Anse du Serpent de Mer, chassant les dernières traînées de la brume lunaire où le Brysso avait dansé. La promesse de renouveau, murmuraient les étoiles. Mon cap était clair, l'Est, toujours l'Est, et je ne laisserais aucune flèche gravée ou doute lancinant me faire dévier. La houle douce berçait L'Étoile Errante alors que nous quittions ce havre secret, le vent s'engouffrant dans les voiles avec une ardeur nouvelle. Un vent d'est, un vrai. La mer, elle, était une nappe d'huile sous le jour naissant, seulement ridée par le sillage de ma vieille coque. J'avais viré de bord au lever du jour, les mains fermes sur la barre, l'esprit clair comme l'eau de source. Le rhum avait réchauffé mes entrailles la nuit passée, mais ce matin, c'était la certitude qui me tenait. Le Brysso, avec ses bois cristallins et ses yeux de galaxie, n'était pas un mirage. C'était un message, une confirmation des cycles, une bénédiction pour ma quête de Clayr. Laissant derrière nous les falaises grises de l'anse, je scrutais l'horizon, à l'affût du moindre indice, de la moindre singularité dans l'immensité bleue. Sextant, lui, était perché sur le gaillard d'avant, face à la proue. Ses oreilles bougeaient à peine, ses moustaches ne frémissaient pas, même quand une rafale de vent jouait avec sa fourrure noire. Il était une statue obsidienne, un oracle silencieux. J'ai posé ma main sur sa tête, mais il n'a pas ronronné. Juste un lent clignement d'yeux, l'impression fugace qu'il regardait non pas l'horizon, mais au-delà, vers un point que seuls ses yeux d'ambre pouvaient percevoir. « Toujours à rêver, mon vieux loup de mer, » ai-je grommelé, tentant de chasser le picotement de l'inquiétude. Il s'éloignait. Non pas physiquement, mais… de l'intérieur. Dans l'après-midi, un archipel se dessina à l'horizon, un entrelacs de rochers et d'îlots bas, couronnés de pins tordus par les embruns. Le Dédale des Îlots, comme on l'appelait dans les vieilles cartes. Un passage semé d'embûches, de courants fourbes et de récifs cachés. Un défi de navigation qui exigeait toute l'attention d'un vieux baroudeur comme moi. Les eaux y prenaient une couleur changeante, passant du bleu profond au vert émeraude, puis au brun des algues tapis sous la surface. J'ai sorti mes vieilles cartes, la mine concentrée. Chaque récif, chaque banc de sable devait être contourné avec la précision d'un horloger. Le soleil commençait sa descente, peignant le ciel de teintes pourpres et or, mais je ne pouvais pas me permettre de contempler. Il fallait naviguer. « Par la barbe de Neptune, ce n'est pas aujourd'hui que L'Étoile Errante ira caresser le fond, » ai-je juré, le regard rivé sur la ligne d'écume trahissant un courant. Le Brysso m'avait donné ma force, et je la mettrais au service de ma destinée, traversant ce labyrinthe marin, un mille à la fois. Clayr ne s'offrirait pas aux tièdes. — Capitaine Eudes, à bord de L'Étoile Errante
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